Ces derniers temps je n’ai pas vraiment pu poster un nouveau numéro d’ « Images du monde », car je n’ai tout simplement pas suivi l’actualité foot et arbitrage dans le monde comme j’aurai voulu. Je me rattrape aujourd’hui avec une nouvelle chronique, de la Suisse au championnat de Suède en passant par l’Europa League.

On commence par le championnat de Suisse, où l’arbitre international Massimo Busacca, considéré comme l’un des meilleurs arbitres au monde (il a entre autres officié pendant l’Euro 2008 et lors de la dernière finale de la Champion’s League) était au centre de la polémique ce weekend : lors d’une rencontre de 32ème de finale de Coupe de Suisse qu’il arbitrait entre les Young Boys de Berne et Baden, l’intéressé a eu une réaction très vive aux insultes subies de la part du kop bernois, en adressant un doigt d’honneur aux supporters qui le sifflaient copieusement depuis le début de la rencontre ; incident non remarqué pendant le match, et rendu public par cette photo du journal Sonntagsblick. Aux dernières nouvelles, Massimo Busacca a été suspendu 3 matches par l’association suisse de football.
J’ai un avis assez contrasté là -dessus : évidemment, un arbitre international ne devrait pas avoir ce genre de réaction, qui risque d’envenimer encore plus le climat envers les arbitres ; la suspension est logique. De surcroît, un arbitre expérimenté et reconnu comme Busacca ne devrait pas répondre à ce genre de provocations bas du front. Mais, franchement, quel arbitre n’a pas eu envie de faire un bras d’honneur envers des supporters abrutis, que ce soit en professionnel ou amateur? Sa réaction est humaine, et vu la connerie affichée à longueur de temps par certains Ultras, j’aurais tendance à l’excuser.

Avec un retard d’un mois, je souhaitais réagir sur cette vidéo du blog coupfranc.fr. Ca se déroule en Suède, dans le championnat de 1ère division, où 3 buts ont été injustement refusés lors de la 20ème journée alors qu’ils avaient manifestement franchi la ligne lors des matches Trelleborg / Halmstad, Örgryte / Malmö et Djudgarden / IFK Göteborg.
D’abord, première réaction : les joueurs ne contestent pas les décisions à tout va, ce qui change des attroupements ridicules que l’on a l’habitude de voir dans les supposés « grands » championnats. Ensuite, les partisans et opposants de la vidéo pourront s’entredéchirer sur ce cas, avec raison : les deux solutions (vidéo et arbitrage à 5) seraient valables dans ce cas. Autant privilégier une approche humaine des situations, ce qui me gène moins que l’assistance vidéo que l’on nous rabâche sans cesse, surtout dans les cas de cafouillage « PESesque » (j’invente des mots^^) comme Orgryte / Malmö.

Parlons d’arbitrage à 5 justement : pour la première fois, cette solution a été testée en Europa League mercredi dernier sur 5 rencontres. L’une d’entre elles, Lazio Rome / Red Bull Salzburg, a été arbitrée par Saïd Ennjimi, qui officie en Ligue 1, en compagnie de Frédéric Cano et Djemel Zitouni (arbitres assistants), Didier Falcone (4ème arbitre) et Hervé Piccirillo et Hervé Buquet (assistants derrière les buts) .

Malheureusement, ceux qui ont vécu cette expérience ont l‘interdiction formelle du Board (l’organisme qui veille sur les lois du jeu) de s’exprimer sur ce sujet, afin de garder un certain recul avant d’en parler avec les journalistes. Rien à signaler sur ces rencontres, on saura par la suite si cette expérience est concluante. Chose intéressante, Michel Platini, le président de l’UEFA, a précisé qu’en cas de généralisation de l’arbitrage à 5, les fédérations auraient le choix de rester à 3 ou de passer à la nouvelle formule. Espérons que nos sympathiques dirigeants prendront le train en marche, au lieu de se complaire dans des laïus interminables sur la vidéo (n’est ce pas M. Thiriez?)
C’est fini pour ce weekend, Ã la prochaine!
Â

Concernant les buts refusés, je trouve le 2ème pas évident du tout… En revanche les deux autres, c’était rentré, mais l’aurions nous vu à la place de ces arbitres ? Pas sûr, ce ne sont pas des buts nets.
C’est le genre de situations que pourra éviter l’arbitrage à cinq. L’additionnel pourra valider ce type de but.
Concernant l’affaire Busacca, J’aimerai juste mettre en exergue un élément. Lors d’un entretien, il a confié être perdu, car lors des grandes compétitions internationales, on l’appelle Monsieur Busacca, il est respecté par les joueurs, le staff, les journalistes, etc… Alors qu’en Suisse, il se retrouve parachuté sur un champ de patates, où il est possible pour l’assistant de sentir l’haleine des spectateur vociférants. Je comprends tout à fait cette perte de nerfs au vu de ce clivage qu’il existe, même si ça n’excuse pas son geste.
À bon entendeur!