L’arbitrage pour les nuls : histoire des lois du jeu

L’arbitrage pour les nuls : histoire des lois du jeu

 

Dernier-né du blog, sur une idée conjointe du webmaster, Ludovic, et de moi-même : une partie consacrée à la vulgarisation des 17 lois du jeu, assez opaques pour bon nombre d’amateurs du football. Ma mission sera d’essayer de les expliquer le mieux possible et, peut-être, de vous faire comprendre que le foot est assez simple au fond. Et qui sait, peut-être qu’un jour, les commentateurs sportifs essaieront de connaître un minimum ces foutues règles…en attendant d’aborder le sujet plus clairement, je vous propose de regarder ensemble l’histoire de ces lois, à travers un article de FIFA.com légèrement tronqué par mes soins :

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Dès la fin des années 1840, plusieurs étudiants de Cambridge avaient déjà tenté d’imposer un certain nombre de règles communes mais ce n’est qu’à partir de 1863 que le football adopte enfin une véritable législation. Sous l’égide d’un certain Ebenezer Cobb Morley, 14 lois sont établies, qui régiront un sport qui, au cours du siècle suivant, deviendra l’une des activités les plus pratiquées, les plus suivies et les plus discutées de la planète.

Le hors-jeu originel

Le hors-jeu est présent dès l’établissement du premier règlement en 1863, mais sous une forme bien différente de celle que nous lui connaissons aujourd’hui. En effet, à l’époque, tout joueur situé au-devant du ballon est considéré hors-jeu. A la fin des années 1860, la FA prend une décision qui va révolutionner le football en établissant la règle dite « du troisième joueur ». Pour ne pas être hors-jeu, un attaquant doit désormais avoir au moins trois défenseurs devant lui. Cette avancée va permettre au jeu de passe de se développer.

Naissance de l’International Board

Malgré l’unification des règles et la création de la FA en 1863, de nombreuses querelles animent encore le monde du football à la fin des années 1870. Toutefois, la création de l’International Football Association Board (IFAB) va mettre un terme à ces luttes intestines. Constitué de deux représentants de chacune des quatre associations du Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande), l’International Board se réunit pour la première fois en 1886 et se fixe pour objectif de préserver les Lois du Jeu. A l’époque comme aujourd’hui, une majorité des trois quarts était nécessaire pour faire adopter une nouvelle proposition.

En ce temps-là, le football était encore dans une phase de mutation. Les dégagements aux six mètres font leur apparition en 1869, les corners en 1872. Pour la première fois en 1878, un arbitre utilise un sifflet pendant un match. Il faudra attendre 1891 pour voir le premier penalty (en effet, personne n’imagine à l’époque qu’un sujet de Sa Majesté puisse commettre une faute volontairement). Toutefois, le caractère de plus en plus disputé des rencontres oblige les responsables à revoir en profondeur les Lois du Jeu en 1891, ce qui conduira à l’introduction du penalty.

Evidemment, il fallait bien que quelqu’un accorde ces fameux penaltys. Sur proposition de l’association irlandaise, les arbitres sont donc désormais autorisés à pénétrer sur le terrain. A l’origine, les disputes étaient réglées avec courtoisie par les deux capitaines, avec un referee assis dans les tribunes qui devait trancher en dernier recours ;  mais à mesure que les enjeux deviennent de plus en plus importants, les réclamations commencent à se faire de plus en plus nombreuses.

L’arrivée des arbitres

C’est en effet à cette date qu’un seul homme sera désormais autorisé à exclure les joueurs, à accorder penaltys et coups francs sans avoir à écouter les explications de l’une ou l’autre équipe. Il devient un élément du jeu à part entière. Les deux autres arbitres deviennent des juges de touches, ou « arbitres assistants » comme on les appelle aujourd’hui. Au cours de cette réunion organisée en Ecosse, le filet est définitivement intégré au but, 16 ans après la mise en place de la barre transversale, destinée à remplacer la bande.

Avec la mise en place de règles, le terrain de football tel que nous le connaissons aujourd’hui a commencé à prendre forme. Il a tout d’abord fallu dessiner le rond central pour permettre le coup d’envoi. Autre fait remarquable, jusqu’en 1902, les penaltys pouvaient être tirés depuis n’importe quel point situé à 11 mètres du but.

A cette date, il est décidé d’accorder un penalty pour toute faute commise dans une zone de 16 mètres de long sur 44 mètres de large. La surface de réparation et le point de penalty étaient nés. La surface de but, mesurant 5m50 de long sur 18 mètres de large, remplace quant à elle le demi-cercle dessiné devant la ligne de but. Il faudra toutefois attendre encore 35 ans avant que la dernière pièce du puzzle, l’arc de cercle situé à l’entrée de la surface de réparation, ne trouve sa place sur le terrain.

La FIFA rejoint l’International Board

Le football ne tarde pas à connaître un succès mondial et, en mai 1904, sept pays se réunissent à Paris pour créer la FIFA. La France, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l’Espagne (représentée par le Madrid FC), la Suède et la Suisse en sont les membres fondateurs.  En 1913, la FIFA devient membre du Board.

Au sein d’un Board rénové, la FIFA se voit octroyer le même poids que les quatre associations britanniques réunies. Le total s’élève toujours à huit voix et une majorité des trois quarts est toujours nécessaires pour l’adoption d’une nouvelle mesure. La FIFA obtient donc quatre voix, tandis que l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande voient leur quota réduit à une voix chacun.

Sur le terrain, le nombre de buts augmente à partir de 1912 suite à la décision d’interdire aux gardiens de but de prendre le ballon à la main hors de la surface de réparation. En 1920, les hors-jeu consécutifs à une touche sont annulés. En 1925, la règle du hors-jeu est amendée : l’attaquant ne doit plus avoir que deux défenseurs face à lui. Ce changement radical va permettre au football d’entrer dans un nouvel âge.

Rous réactualise les lois

Vers la fin des années 30, beaucoup estiment que les 17 Lois du Jeu ont besoin d’un lifting, les premières lois datant de l’ère Victorienne. Membre du Board et premier officiel à avoir employé le système d’arbitrage diagonal, Stanley Rous se voit donc confier la tâche de dépoussiérer et de rationaliser les textes. Le futur Président de la FIFA va si bien faire que les Lois du Jeu ne seront plus retouchées jusqu’en 1997.

Malgré l’extraordinaire popularité dont jouit le football à cette époque, la plupart des acteurs estiment, à la fin des années 80, qu’il faut affiner les règles de manière à lutter contre l’antijeu. Cette prise de conscience aboutit à une série d’amendements surnommés « pour le Bien du Jeu » et conçus pour encourager le football offensif. Tout commence par une révision du hors-jeu en 1990. Jusque-là, l’avantage allait à l’équipe qui défendait. L’attaquant qui se trouve sur la même ligne que le défenseur ne sera désormais plus considéré comme hors-jeu. La même année, l’annihilation d’une occasion de but manifeste devient un motif d’expulsion. (injustement nommée « dernier défenseur »)

La passe en retrait

Après le cynisme ambiant lors de la Coupe du Monde  en Italie  en 1990, l’International Board répond en décidant d’interdire aux gardiens de prendre à la main une passe en retrait volontaire. Cette nouvelle règle est tout d’abord accueillie avec scepticisme, mais son efficacité fait bientôt l’unanimité. Le législateur poursuit sa lutte contre l’antijeu en sanctionnant d’un carton rouge, à partir de 1998, le tacle par derrière.

Et maintenant? il y a eu quelques évolutions depuis 1998 : instauration de la règle du hors-jeu passif, (un joueur  ne tirant pas avantage de sa position de hors-jeu ne sera pas sanctionné), avertissement donné à un joueur qui enlève son maillot pour célébrer un but (ce que je trouve franchement grotesque), test de l’arbitrage à 5 en Europa league…

Prochain article de la série : la Loi I, ou tout, tout, tout sur le terrain de football.

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