A moins de vivre reclus dans une caverne (ou de vivre en Mayenne :p) amateur de football ou non, vous n’avez pu y échapper pendant ces dernières 24 heures : le tollé, que dis-je, le scandale de la main de Thierry Henry, qui offre la qualification à une équipe de France littéralement tétanisée par l’enjeu face à de valeureux mais limités irlandais. Evidemment, cette énième polémique ne manquera pas de relancer l’éternel débat sur l’assistance vidéo, où l’arbitrage à 5, M. Hansson – l’arbitre suédois de la rencontre – n’ayant pas bronché sur l’action. Procès d’intention, ou signe que les choses doivent changer?.

La France est qualifiée pour la Coupe du Monde 2010. C’est d’ailleurs la seule chose à retenir de cette soirée catastophique pour les Bleus qui, de mémoire d’amateur, ne m’a jamais semblé aussi fébrile (à part peut-être le triste France-Danemark en 2002), face à un adversaire certes valeureux mais qui était largement à leur portée, s’ils avaient montré un tant soit peu de sang-froid et de maîtrise. Dépassés dans tous les compartiments du jeu, en retard sur quasiment toutes les balles, il aura fallu un énorme Lloris pour ne pas repartir du stade de France avec 3 ou 4 buts dans la valise et nos rêves d’Afrique avec. Trève de blabla, revenons sur l’action de jeu à proprement parler :
Au botté , comme on peut le voir au début de la vidéo, l’arbitre est placé régulièrement : juste avant la surface de réparaton, à gauche, afin de bien voir l’intégralité de l’action, de garder le paquet de joueurs et son assistant dans l’angle de vue. Le seul reproche qu’on puisse lui faire est de ne pas s’approcher plus vite du point de chute du ballon, mais ce critère reste propre à chaque arbitre. Petit schéma fait maison pour vous expliquer la situation, du point de vue de M. Hansson :
Le ballon tombe au second poteau et ayant pris une trajectoire fuyante, rebondit au pied d’un joueur irlandais et est contré de la main. Or, si l’on prend en compte la position de l’arbitre au début de l’action, on se rend compte que l’irlandais qui marquait le capitaine bleu…masquait totalement l’action, d’où la zone grisée sur le schéma  que l’on appelle la « zone d’ombre » de l’arbitre, qui ne peut donc rien voir, même en étant correctement placé. Vous me direz, et l’arbitre-assistant? Sur le schéma, on peut voir qu’il est resté à la limite du hors-jeu en début d’action, et qu’il n’a pas avancé assez vite jusqu’à la ligne de but, ce qui l’aurait sans doute amené à signaler la faute de main. Cependant, l’action est lointaine ; le poteau et Shay Given, le gardien irlandais, peuvent eux aussi masquer l’action pour l’arbitre-assistant, qui là aussi ne peut pas faire grand chose.
Du pain béni pour les pro-vidéo
Naturellement, si les vrais amateurs de football peuvent se sentir dégoutés d’avoir été qualifiés suite à une tricherie, on assiste à une certaine vague d’hypocrisie : les mêmes gens qui vont déverser leur « haine de l’injustice » sur les forums de L’Equipe ou France Football (pour ne citer qu’eux) sont bien souvent les mêmes joueurs qui, en championnat de District, tirent le maillot lorsqu’un attaquant part seul au but, ou bien reproduisent exactement les mêmes gestes : personnellement, je pense que le geste d’Henry est humain ; avec un tel enjeu, il ne fallait pas s’imaginer le voir dire à l’arbitre « j’ai fait main sur cette action ». Les mêmes personnes qui viennent se répandre en jérémiades l’auraient sans nul doute lynché dans la presse, n’en déplaise aux romantiques du football.
Quand on regarde de plus près ces commentaires (masochisme, quand tu nous tiens), un leitmotiv revient, tels les mauvais pressentiments de Jean-Michel Larqué : « la vidéo, un point c’est tout! ». Soyons honnêtes, la vidéo comme l’arbitrage à 5 auraient permis de déceler cette faute, ce qui donnent du grain à moudre aux valeureux footix pro-Big Brother.Pour moi, un 5ème officiel derrière le but aurait été tout aussi approprié (de surcroît, il aurait été excellement placé) et aurait pris la bonne décision ; je préfèrerai toujours la solution humaine à une vidéo qui de toute manière créerait plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait.

Laissons un peu les choses se tasser, et même si la qualification laisse un goût amer dans la bouche, il faut se dire que tout cela n’est rien que du football. Vivement le mois de juin et malgré tout, vive l’équipe de France!

